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Le boom de l’énergie éolienne en Afrique du Sud

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Victime depuis plusieurs années des insuffisances et de l’instabilité de son système énergétique, l’Afrique du Sud entend développer d’ici à 2020 un mix énergétique durable dans lequel l’énergie éolienne devra jouer un rôle prépondérant. Le nouveau plan énergétique mis en place par le gouvernement et la ministre de l’énergie Tina Joemat-Pettersson, offre en effet de fortes perspectives de développement à cette filière en pleine structuration, et a déjà débouché sur plusieurs centaines de mégawattheures de puissance supplémentaires en 2015. 

Inauguré en 2008, le parc de Darling, premier parc éolien commercial en Afrique du Sud, a semble-t-il ouvert la voie à une filière prometteuse. Impulsé dans le cadre du Programme sud-africain d’énergie éolienne (SAWEP), un projet soutenu par le PNUD et visant la réduction des émissions de gaz à effet de serre par la promotion de l’énergie éolienne, ce parc aura finalement encouragé le gouvernement sud-africain à adopter une nouvelle stratégie énergétique et de nouveaux objectifs de production renouvelable.

Comme l’explique Lucas Black du Fonds mondial pour l’environnement du PNUD (Programme des Nations Unis pour le développement), « la mise en place du parc de Darling a eu un effet catalyseur considérable dans la promotion de l’énergie éolienne en Afrique du Sud. Elle a en effet donné la preuve qu’un réseau éolien pouvait être réalisable ». 

Depuis, le nouveau Plan de ressources intégré du gouvernement (programme énergétique pour la période 2010-2030) prévoit la mise en place de 17 GW d’énergies renouvelables d’ici à 2030, dont 8 GW d’énergie éolienne au cours des prochaines années. Un contexte favorable au développement de nouvelles installation, pour lesquelles le gouvernement lance régulièrement de nouveaux appels à projets.

Plusieurs fermes éoliennes ont vu le jour ces derniers mois dont le parc de Gouda de 138 MW géré par l’espagnol Acciona, la ferme de 100 MW de Dorper réalisée par les groupes Rainmaker Energy et Nordex, ou encore la centrale éolienne de Sere, elle aussi d’une capacité de 100 MW, et exploitée par Eskom, la compagnie sud-africaine de production et de distribution d’électricité.

Un marché en pleine expansion donc et sur lequel les groupes français ne sont d’ailleurs pas en reste. EDF EN et Engie participent en effet activement à la sécurisation du système énergétique sud-africain et au développement des énergies renouvelables dans ce pays. Alors que le premier vient d’annoncer au début du mois le lancement d’une nouvelle centrale éolienne de 21,5 MW à Chaba, dans la province du Cap Oriental, Engie (ex-GDF Suez) multiplie ses investissements en Afrique du sud depuis plusieurs années déjà. Ce dernier exploite depuis le mois de juin dernier un parc éolien de 94 MW baptisé West Coast One.

Ce parc, dont Engie détient 43 %, a été réalisé en consortium avec la banque d’investissement sud-africaine Investec (34,5 %) et le fonds d’investissement Kagiso Tiso Holdings (20%), le reste étant alloué à un fonds destiné au développement local. Le consortium avait remporté l’appel d’offres pour ce parc en mai 2012 et l’électricité produite bénéficie d’un contrat d’achat de 20 ans avec la société nationale de distribution d’électricité Eskom.

Rappelons ici que le groupe Engie détient également le plus puissant parc éolien d’Afrique situé au Maroc (Tarfaya) et investit depuis de nombreuses années dans les renouvelables en Afrique et notamment en Afrique du Sud afin d’accompagner le pays dans sa transition énergétique. Engie a d’autres projets en cours en Afrique du Sud, dont deux nouvelles centrales à gaz de 335 et 670 MW, pour lesquelles le groupe a signé les contrats d’achat d’électricité, ainsi qu’un parc solaire de 100 MW à Kathu (province du Cap-du-nord).

 

 

Source: lenergeek.com

Crédit photo : Michael Schwarzenberger

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