Eolien

Appel d’offres éolien géant du Maroc : EDF, GDF-Suez et Alstom en phase finale

000208029_5

Cinq groupements internationaux comprenant notamment les français EDF Energies nouvelles, GDF-Suez et Alstom viennent d’être retenus pour concourir à la phase finale de l’appel d’offres du projet éolien intégré de 850 MW lancé par l’Office de l’électricité du Maroc (ONEE). En jeu, un investissement global de 1,24 milliard d’euros avec l’obligation de créer des filières industrielles dans le royaume.

Il faudra maintenant attendre le verdict final. Vendredi 5 septembre à Casablanca, l’ONEE a procédé à l’ouverture des offres techniques relatives à l’appel d’offres portant la référence « SP 40311 ». Conformément au règlement de l’appel d’offres, la commission d’évaluation de l’ONEE accompagnée de conseillers technique, juridique et financier va procéder à l’examen des différentes offres et faire ses choix note l’ONEE dans son communiqué.

DE NOMBREUSES SOCIÉTÉS INTERNATIONALES SUR LES RANGS

Entrant dans le cadre du Programme intégré de l’énergie éolienne (PIEE), lancé par le Maroc en 2010, ces offres ont trait au développement, conception, financement, construction, exploitation et  maintenance d’un « Projet éolien intégré (PEI) » de 850 MW et comprenant cinq parcs distincts repartis dans le royaume.

Plusieurs grandes sociétés internationales sont parvenues à cette phase finale. Parmi elles, EDF Energies nouvelles et Alstom sont associées au marocain Fipar et au qatari Qwec. GDF Suez via sa filiale International power associée au danois Vestas a aussi été retenu.

Pour sa part,  Nareva holding, filiale de la SNI (groupe de la famille royale) s’est associée à l’allemand Siemens et à l’italien Enel green power. Nareva a déjà à son actif plusieurs importants investissements éoliens, notamment l’un des plus trois gros parcs éoliens d’Afrique à Tarfaya dans le sud du royaume en association avec GDF-Suez et qui devrait entrer totalement en fonction cette fin d’année.

L’américain General Electric qui avait fait part de son intérêt en 2012 n’est pas dans cette dernière liste des pré-sélectionnés… mais pourrait indirectement revenir dans la boucle avec son rachat en cours de la branche énergie (notamment les éoliennes) d’Alstom.

A noter que les soumissionnaires ont du intégrer à leur offre des projets d’intégration industrielle, un critère de choix essentiel. « Cette intégration industrielle consistera, notamment, en la mise en place au Maroc d’unités de fabrication et d’assemblage de composants d’éoliennes, tels que les tours, les pales, les nacelles, les hubs et autres équipements électriques et électroniques. » précise le communiqué de l’ONEE.

C’est là un facteur primordial dans la politique industrielle que prône Moulay Hafid Elalamy, le ministre de l’Industrie. « Plus aucune importante commande n’est passée par l’Etat sans que le département de l’Industrie n’étudie la possibilité de compensation industrielle » a t-il déclaré à notre confrère marocainL’Economiste. Les industriels marocains réclament depuis longtemps une plus grande part locale dans ce genre de projets.

Les sociétés retenues se rémunéreront sur la vente de l’électricité à l’ONEE, sans subventions. Selon le quotidien marocain Le Matin, le résultat final de l’appel d’offres devrait intervenir avant janvier 2015.

UNE MISE EN SERVICE ENTRE 2016 ET 2020

La branche électricité de l’ONEE avait lancé le 21 février le cahier des charges de ce programme portant sur une capacité totale de 850 MW.

Les cinq projets, dont la mise en service interviendra entre 2016 et 2020, se situent  à Tanger (150 MW) au nord du pays, Tiskrad – Laâyoune (300 MW), Jbel Lahdid – Essaouira (200 MW), Boujdour (100 MW) à 200 km au sud de Laâyoune et Midelt (100 MW) à 400 km à l’est de Casablanca. A noter que deux de ces projets sont situés dans le Sahara occidental, région au statut international disputé.

Le « Projet éolien intégré 850 MW » est développé dans le cadre d’un partenariat public-privé (ppp) et sera conçu selon le schéma Build own operate and transfer (Boot).

385 MILLIONS D’EUROS ET 31 MILLIONS DE DOLLARS

L’ONEE associée aux différents projets, a obtenu des promesses de financement de 385 millions d’euros et 31 millions de dollars, ce notamment auprès de bailleurs de fonds comme la Banque européenne d’investissement (BEI) pour 200 millions d’euros ou la banque allemande KfW pour 130 millions d’euros.

A ces concours se rajoutent 15 millions d’euros venant de la Facilité d’investissement au voisinage (FIV) de l’Union européenne.  La Banque africaine de développement (BAD) doit apporter 40 millions d’euros, en sus des 31 millions de dollars du Fonds de technologie propre (FTP) véhiculé par la BAD.

Ce projet de cinq parcs s’inscrit dans la deuxième phase de la stratégie nationale éolienne du Maroc initiée en 2010. Il devrait contribuer à l’horizon 2020 à porter la capacité totale à 2 000 MW avec les parcs déjà existants, menés par des cimentiers notamment, ou ceux en cours comme celui de Tarfaya mais aussi de Taza (EDF, Mitsui, ONEE).

Confronté à une demande électrique qui croit de 4 à 6% par an, le royaume compte en 2020 atteindre 42% de sa capacité électrique installée en renouvelables avec ces projet éoliens ou solaire comme celui d’Ouarzazate. Mais le Maroc mène dans le même temps de lourds investissements dans les centrales à charbon.

 

 

Source: www.usinenouvelle.com

A Propos de l'auteur