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Energie : décarboner la production, optimiser la consommation

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Le défi climatique dépend drastiquement de l’énergie : environ 60 % des émissions sont liées à la production et à la consommation de celle-ci. Et selon l’AIE, la consommation d’énergie triplera d’ici 2030. En France, la production d’électricité et de chaleur ont contribué aux émissions de gaz à effet de serre à hauteur de 11,7 % en 2009, une situation singulière due à l’importance de la filière électronucléaire française. En Europe, cette contribution est de 33,4 %. Pour encore améliorer ce bon bilan, la France dispose d’entreprises d’envergure mondiale dans le secteur énergétique aux capacités d’innovation importantes. Tour d’horizon dans le cadre de notre dossier consacré à 21 entreprises qui s’engagent en vue de la 21e conférence des parties visant à limiter l’impact des activités humaines sur le climat, qui aura lieu fin 2015 à Paris.

EngieVers le tout renouvelable

Engie (anciennement GDF Suez) veut réduire son taux moyen d’émissions de CO2/kWh produit de 10 % entre 2012 et 2020, et atteindre 100 % d’énergie renouvelable dans son mix en Europe d’ici 2025.

En pratique :

Engie participe activement à des démonstrateurs de « Power-to-Gas ». Le groupe est notamment partie prenante du projet Jupiter 1000, qui devrait entrer en service en 2018. Le système consiste à réaliser une électrolyse de l’eau afin de produire de l’hydrogène. Cet hydrogène est ensuite couplé à du dioxyde de carbone pour obtenir du méthane. Celui-ci est ensuite injecté dans le réseau gazier. Engie développe deux autres démonstrateurs de « Power-to-Gas » à Dunkerque. Ceux-ci entreront en service en 2016 et auront pour vocation de produire de l’hydrogène et de travailler à son intégration directement dans les réseaux de gaz naturel.

 

EDF : innovation ouverte pour électricité verte

Le leader mondial de production d’électricité vise un taux de 75 % d’électricité non carbonée en 2020 en France, dont 25 % d’énergies renouvelables, hydraulique inclus. Le groupe investit massivement dans les énergies renouvelables, en particulier l’éolien et le solaire, via sa filiale EDF Energies Nouvelles. En 2014, la part des énergies renouvelables dans ce mix s’est élèvé à 20,7 %, dont 16 % d’hydraulique. En France continentale, EDF a l’ambition d’avoir divisé par deux ses émissions de CO2 issues de la production d’électricité et de la chaleur en 2016 par rapport à leur niveau de 1990.

En pratique :

EDF est présent dans toutes les activités du système électrique : production, transport, distribution, commercialisation et fait de la R&D dans tous ces secteurs, en partenariat avec tous les grands groupes liés au secteur énergétique. Fin 2013, EDF a lancé une plate-forme digitale dédiée à l’innovation technologique. EDF Pulse présente les innovations sous la forme d’articles de presse. Les prix EDF Pulse visent quant à eux à récompenser les meilleurs projets internationaux de technologies liées à l’électricité dans les domaines de la science, de la mobilité, de l’habitat, de la santé et de l’accès à l’électricité. Ils participent à l’engagement d’EDF vers de nouvelles manières plus propres de produire de l’énergie.

 

E.ON France : développer le « Power-to-gas »

Le groupe s’est fixé comme objectif de diviser par deux ses émissions de CO2 en Europe d’ici 2025.

En pratique :

L’un des principaux axes de recherche de E.ON porte sur le développement du « Power-to-gas« , qui consiste à convertir de l’électricité en hydrogène par électrolyse, puis à l’injecter sous forme gazeuse dans le réseau de gaz naturel ou à le stocker pour d’autres usages. Dans le cadre du projet Hydor débuté fin 2012, le groupe teste le procédé de stockage d’hydrogène sous forme solide développé par McPhy sur la centrale thermique au charbon de 600 MW Emile Huchet en Moselle.

General Electric : améliorer les rendements des équipements pour l’énergie

Le Groupe américain s’est engagé à augmenter l’investissement dans la recherche-développement à hauteur de 1,5 milliard de dollars pour fabriquer des produits qui présentent un avantage manifeste sur le plan écologique. Il veut atteindre 25 milliards de dollars d’investissements d’ici 2020.

En pratique :

Sur le site EDF de Bouchain, dans le nord de la France, General Electric développe en partenariat avecEDF un cycle combiné gaz (CGG) de nouvelle génération équipé de la technologie Flex Efficiency50. Son rendement porté à 61 %  est supérieur à 3 à 4 % par rapport à un CGG classique, tandis qu’il permet une réduction supérieure des émissions de CO2 de 10 %.

Primagaz : responsabiliser l’utilisateur

L’entreprise de distribution de gaz butane et propane vise une réduction de 30 % des émissions de CO2entre 2012 et 2020, qu’il s’agisse de ses propres émissions, principalement dues aux activités de transport et distribution, et des émissions de ses clients.

En pratique :

La filiale de Primagaz Caloon a lancé en 2012 l’offre Caloon, qui ouvre la voie au comptage individuel pour les immeubles équipés de chauffage collectif, avec l’individualisation des charges et la facturation directe. Ce dispositif entraîne une modification du comportement des résidents qui peuvent réaliser des économies de l’ordre de 10 à 20 %. L’offre Caloon modifie également la manière de consommer : les usagers achètent de la chaleur, et non plus de l’énergie, susceptible de provenir de différentes sources (gaz naturel, propane, énergie solaire, géothermie…).

Suez Environnement : du biogaz dans le réseau

Dans sa feuille de route Environnement durable 2012-2016, Suez Environnement s’engage à éviter 2 tonnes de gaz à effet de serre pour 1 tonne émise et à augmenter de 15 % sa production utile d’énergie pour ses activités déchets en Europe. Suez Environnement a notamment prévu de multiplier par deux d’ici 2020 la capacité de sa filière de recyclage des plastiques sachant qu’une tonne de PET recyclé permet d’éviter 2,3 tonnes d’émissions de CO2.

En pratique :

Suez Environnement s’engage dans le projet Biosalvan ((BIOgénique VALorisation SANitaire), qui permettra à l’été 2015 la réinjection du biogaz issu de la station d’épuration de Strasbourg dans le réseau de gaz naturel. Ce projet consiste à purifier le biogaz produit par la digestion des boues de la station d’épuration de Strasbourg : la teneur en méthane passe alors de 60 % à plus de 97 %. Ceci permet de l’injecter dans le réseau de gaz naturel. Suez Environnement teste plusieurs techniques. Tout d’abord, la désulfuration par lavage à l’eau sodée sera suivie d’une filtration (charbon actif) ou d’une condensation. Puis, pour la séparation du méthane et du CO2, trois techniques de décarbonations sont envisagées : la filtration membranaire, le lavage chimique aux amines ou la cryocondensation à 20 bars et à – 20° C.

Source: www.industrie-techno.com

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