E. Renouvelables

IFMEREE ce qu’il faut savoir sur la mise en place des trois institus de formation aux métiers des énergies renouvelables

inauguration instituts de formation aux énergies

Trois instituts de formation aux métiers des énergies renouvelables et de l’efficacité énergétique (IFMEREE) vont être mis en place à Oujda, Tanger et Ouarzazate.

Les travaux de celui de Tanger, qui bénéficie comme les autres d’une aide de la coopération française ont fait l’objet d’une cérémonie de lancement par François Hollande et Mohammed VI lors de la visite du président français au Maroc les 19 et 20 septembre. L’institut d’Oujda lui doit ouvrira ses portes d’ici à début 2016.

Presque privé de ressources d’énergies fossiles, le Maroc investit à tour de bras dans les énergies renouvelables. Après les réalisations dans les parcs éoliens et les centrales solaires à différentes technologies et un objectif de 42% de la puissance électrique installée, il s’agit cette fois de générer les ressources humaines qualifiées pour les accompagner.

Le royaume est en train de mettre en place pour cela trois instituts de formation aux métiers des énergies renouvelables de niveau bac à bac+2.

Avant la fin de cette année, le royaume va procéder à l’ouverture à Oujda du premier de trois Instituts de formation aux métiers des énergies renouvelables et de l’efficacité énergétique (IFMEREE). Les deux autres verront le jour à Tanger et Ouarzazate au cours de la rentrée 2016/2017.

Ce projet conduit avec plusieurs ministères (encadré) rentre dans le cadre de la convention de partenariat signée il ya plus de quatre ans, le 31 mai 2011 par l’État marocain avec les professionnels du secteur des énergies renouvelables et de l’efficacité énergétique (voir encadré partenaires nationaux),

Oujda, Tanger et Ouarzazate

Le coût total de ces trois IFMEREE est estimé à 285 millions de dirhams (hors assistance technique) soit 26 millions d’euros (1000 dirhams = 92 euros) à raison de 95 millions de dirhams par institut.

Cette somme se réparti en 60 millions de dirhams pour la construction proprement dite et 35 millions de dirhams pour l’équipement.

Les sources de financement sont constituées d’un côté par le budget de l’État marocain et de l’autre par trois organismes internationaux d’aide au développement.

Le premier est l’Agence française de développement (AFD) qui contribue à ce projet par un refinancement partiel pour 10 millions d’euros. Deuxième source de financement, l’Union européenne. Elle participe au financement des IFMEREE par un don de 10 millions d’euros géré par l’AFD. Troisième source enfin, la Deutsche Gesellschaft für internationale zusammenarbeit (GIZ) qui finance l’assistance technique à hauteur de trois millions d’euros.

Qui sont les opérateurs du projet ?
L’architecture du bâtiment a été confiée au groupement Zaïd Faiçal et Abdelaziz Lahmouz. Les études techniques et les travaux de construction ont été attribué au groupement Mibiane de Tétouan et SAM structures situé à Rabat pour un montant de 414 000 dirhams. Concernant l’étude géotechnique et le contrôle de la qualité relatifs au terrain, le marché a été cédé  à la société Laboratoire méditerranéen du bâtiment et des routes (LMBR) de Fès pour 156 600 dirhams.

Pour le fonctionnement des IFMEREE proprement dit, une contribution financière sera accordée par le ministère de l’Education nationale et de la formation professionnelle à la société de gestion des IFMEREE.

Cette contribution s’étalera sur les cinq premières années pour assurer notamment la formation initiale de jeunes bacheliers intéressés par les métiers liés aux énergies renouvelables qui est gratuite.

Ces établissements ambitionnent de former 1 500 techniciens par an (voir encadré les domaines de formation). Ils proposeront à la fois des formations diplômantes, qualifiantes et continues. Les candidats seraient choisis sur dossier et entretien ou proposés par les entreprises dans le cadre de la formation continue.

Le corps enseignant sera lui composé des industriels du secteur ainsi que d’ingénieurs et autres diplômés de l’enseignement supérieur à qui il sera proposé des modules de formation complémentaire pour assurer le contenu pédagogique.

Contacté par L’Usine Nouvelle, la FIMME qui est partenaire du projet nous a indiqué que le projet pédagogique sera établi avec l’aide de l’agence de coopération GIZ.

Les compétences techniques ciblées : pouvoir installer, exploiter et maintenir les parcs éoliens, les installations de solaire thermique, photovoltaïque ou thermodynamique, les centrales biogaz. Les technologies liés à l’efficacité énergétique seront aussi au programme.

La formation initiale et diplômante d’une durée de deux ans, incluera, elle, outre les cours théoriques et les stages en entreprise, des modules de formation à l’entrepreunariat pour aider les futurs diplômés qui le souhaitent à créer leur entreprise.

Quant à la formation continue, elle fonctionnera sur le modèle de l’IMA dans l’aéronautique ou les IFMIA dans l’automobile, où des entreprises du secteur comme Nareva, l’ONEE ou encore Masen pourraient former leur personnel dans ces IFMEREE durant des périodes correspondant à leurs besoins et leurs marchés.

répondre aux besoins anticipés par les professionnels

L’IFMEREE d’Oujda dont le lancement est prévu d’ici à début 2016 compte accueillir 370 bacheliers dont 250 en formation initiale, 60 en formation qualifiante et 60 en formation continue. Cet effectif doit en principe être doublé au cours de la rentrée 2020/2021.

Quant au deuxième IFMEREE, implanté à Tanger, il a vu ses travaux de construction faire l’objet d’un lancement par François Hollande et Mohammed VI dans la commune urbaine de “Gueznaya” (Préfecture de Tanger-Assilah) pendant la visite « d’amitié et de travail » du président français au Maroc les 19 et 20 septembre.

D’une superficie de 19 735 m², l’IFMEREE de Tanger est piloté par la direction régionale de l’équipement de la ville du détroit. « La construction de cet établissement rentre dans le cadre de la mise en œuvre de la stratégie énergétique nationale lancée en 2009. Cette dernière ambitionne de porter à 42% la part des énergies renouvelables dans la puissance électrique totale installée à l’horizon 2020« , a notamment déclaré Abdelkader Amara, ministre de l’énergie.

Les partenaires marocains
Ministère de l’Education nationale et de la formation professionnelle, ministère de l’Energie, des mines, de l’eau et de l’Environnement, ministère de l’Economie et des finances, Masen, Onee, Aderee, Fimme, Fenelec.

Le centre de Tanger devrait pouvoir accueillir lors de la rentrée 2016/2017 en première année 380 bacheliers dont 250 suivront la formation initiale, 60 la formation qualifiante et 70 la formation continue.

Le nombre d’inscrits devrait ensuite augmenter chaque année pour arriver à un total de 890 inscrits en 2020/2021. Ce total sera  réparti en 500 bacheliers en formation initiale, 180 en formation qualifiante et 210 en formation continue.

Nasser Djama

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