Asie, Nucléaire

Le Japon en passe d’enterrer son objectif « zéro nucléaire »

Protestation au Japon pour l'abandon du programme nucléaire - source de la Photo Le Parisien et l'AFP

Le nouveau ministre de l’Industrie s’est clairement prononcé pour une révision de l’objectif de sortie du nucléaire à horizon 2030 affiché par le précédent gouvernement nippon à la suite de la catastrophe de Fukushima. Il a assuré que les réacteurs actuellement à l’arrêt seraient relancés dès qu’ils seront jugés sûrs.

Tout un symbole. Quelques jours seulement après sa prise de fonction, le Premier ministre japonais, Shinzo Abe, se rendra samedi 29 décembre à la centrale accidentée de Fukushima, ont indiqué ce jeudi 27 décembre les médias nippons. Une visite pendant laquelle il devra afficher sa volonté d’accélérer la résolution de ce désastre, survenu en mars 2011, et alors que de nombreux habitants sont toujours contraints de vivre dans des logements provisoires après avoir fui la zone contaminé.

Volonté confirmée de relancer le nucléaire

Mais, malgré la victoire de son parti pro-nucléaire aux élections législatives, Shinzo Abe devra aussi faire accepter l’idée que l’abandon de l’atome pour produire de l’électricité, décision prise par le précédent gouvernement en septembre 2012, n’est pas souhaitable pour le Japon.

Le nouveau ministre de l’Industrie, Toshimitsu Motegi, s’est d’ailleurs clairement prononcé ce jeudi 27 décembre pour une révision de l’objectif de sortie du nucléaire. Il a également annoncé que le gouvernement allait relancer les réacteurs jugés sûrs.

« Les réacteurs ne redémarreront pas tant que leur sécurité ne sera pas assurée par l’autorité indépendante de régulation, sur la base de connaissances scientifiques », a expliqué le ministre du nouveau gouvernement de droite lors d’une conférence de presse. « En revanche, à partir du moment où celle-ci juge un réacteur sûr, le gouvernement en tiendra compte et décidera alors de le relancer en prenant ses responsabilités », a-t-il ajouté.

Malgré l’objectif d’abandonner le nucléaire à horizon 2030 affiché par le précédent gouvernement, l’ancien Premier ministre Yoshihiko Noda avait autorisé la remise en service de deux unités, à Oi, seuls réacteurs du Japon actuellement actifs sur un parc de 50 unités, les 48 autres étant maintenus à l’arrêt pour des examens supplémentaires de sûreté.

Les pro-nucléaires applaudissent

« Il est tout à fait naturel de revenir sur l’objectif d’abandonner l’énergie nucléaire », a réagi le numéro un de l’organisation patronale Keizai Doyukai, Yasuchika Hasegawa,. Selon lui, il est en effet prématuré de décider de se passer de centrale atomique, « pour des questions de compétitivité et parce qu’on ne sait pas à partir de quand on pourra garantir un approvisionnement suffisant grâce aux énergies renouvelables« .

« Il était un peu dangereux de fixer la fin de l’emploi de l’énergie nucléaire », a renchéri le patron de la Chambre du Commerce et de l’Industrie Nippone, Tadashi Okamura. Et de juger que les engagements du PLD (le Parti Libéral Démocrate de Shinzo Abe, ndlr) de se donner plusieurs années pour définir le bon bouquet énergétique à horizon 2030-2040 est la plus sage.

Julien Bonnet

Source : Usine Nouvelle

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