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Economies d’énergie : les fournisseurs sous pression

Les fournisseurs d'énergies Français sous pression !

La pression monte chez les fournisseurs de l’énergie !

Qu’ils soient fournisseurs d’électricité, de gaz, de fioul ou de carburant, c’est un dossier qui les mobilise tous : la fixation par l’Etat des prochains objectifs d’économies d’énergie pour la période 2014-2016. A défaut de réaliser ces efforts, validés par des certificats d’économies d’énergie, EDF, GDF Suez ou Total devront s’acquitter d’une pénalité. Un enjeu non négligeable. Pour le pétrolier, l’amende pour 2011-2013 aurait pu atteindre jusqu’à 800 millions d’euros, a rappelé Aristide Belli, responsable pôle bâtiment et efficacité énergétique de Total, à l’occasion d’un colloque organisé vendredi.

Aujourd’hui, les fournisseurs sont en passe de réaliser l’objectif de la période 2011-2013, fixé à 345 TWh cumac (cumulés sur la durée de vie de l’équipement). Mais les choses se corsent pour 2014-2016. Le voeu de l’Ademe de porter l’obligation à 900 TWh cumac effraie les professionnels, qui plaident pour un objectif plus prudent : de 255 à 345 TWh cumac.

Se fondant sur la directive européenne sur les économies d’énergie, l’administration ramènerait l’objectif à atteindre entre 500 et 585 TWh cumac, indique l’association des professionnels de l’efficacité énergétique Atee. « Il faut un objectif raisonnable. Mais l’administration a intégré notre côté pleureuse, on est moins crédibles », craint Erick Parayre, qui représente Auchan via sa société de carburants Petrovex. La décision de la ministre de l’Energie, Delphine Batho, pourrait intervenir dans les semaines qui viennent, sauf si elle décidait d’attendre que le débat sur la transition énergétique soit plus engagé.

Simplifier le dispositif

Au-delà des objectifs, les fournisseurs critiquent tous la complexité du dispositif. « Il a atteint certaines limites, le caractère administratif est très pénalisant », juge le chef de mission d’EDF, Elisabeth Tatreaux. « C’est la chasse à la facture, ça dysfonctionne », note Patrice Henning, chef de projet à GDF Suez. « Il faut simplifier le dispositif, surtout pour les petites opérations », juge de son côté Total. Chacun a adopté des stratégies différentes pour remplir ses objectifs. Tous les fournisseurs ont développé des partenariats avec des réseaux d’installateurs ou de professionnels pour réaliser les travaux. Mais certains distribuent des primes aux ménages engageant des travaux – un chèque de 500 euros pour Total, un bon d’achat de 400 euros pour Auchan. EDF, de son côté, finance la formation des artisans.

Les fournisseurs d’énergie appellent aussi à une réforme de fond. EDF, qui est le principal « obligé », est le plus critique, notamment parce qu’il est contraint par les tarifs réglementés. « Nous ne pouvons pas répercuter le coût à date, contrairement à d’autres acteurs », explique Elisabeth Tatreaux, qui souligne aussi que « le nombre de travaux n’a pas considérablement augmenté » en dépit de la montée en puissance du dispositif.

Sur le fond, l’électricien plaide donc pour que les efforts soient ciblés sur les 4 millions de logements des foyers en précarité énergétique, comme d’ailleurs GDF Suez. Et pour que tous les acteurs, notamment les collectivités territoriales, soient davantage associés.

Les distributeurs de carburants estiment, de leur côté, que les économies d’énergie dans les transports fonctionnent mal. Pour preuve, Total et Auchan soulignent qu’ils remplissent l’essentiel de leurs obligations d’économies d’énergie dans les travaux d’isolation dans le résidentiel.

Véronique Le Billon

Source : LesEchos.fr

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