E. Renouvelables, Eff. Energétique, Europe

les Européens plébiscitent les EnR au détriment de l’efficacité énergétique

Parlement Européen

Un baromètre sur la qualité de l’air révèle que 70% des Européens estiment qu’il faut privilégier les EnR dans le mix du futur contre 28% seulement pour l’efficacité énergétique. Un Européen sur dix souhaite que le gaz de schiste soit une priorité.

Alors qu’en France se déroule un débat national sur le mix énergétique de demain, la Commission européenne vient de publier un Eurobaromètre sur la qualité de l’air, dont une partie est consacrée aux options énergétiques qui devraient être privilégiées pour les trente prochaines années. Selon les personnes interrogées, les transports (96%) et les centrales électriques thermiques (92%) font partie, avec l’industrie (92%), des trois secteurs qui ont le plus d’impact sur la qualité de l’air.

Pour améliorer la qualité de l’air, on apprend que 70% des 25.000 Européens interrogés pensent que le développement des énergies renouvelables est une priorité alors qu’ils ne sont que 28% à penser qu’il faut d’abord agir sur l’efficacité énergétique.

Ce sont les Portugais (82%), les Autrichiens, les Espagnols, les Allemands et les Danois (81%) qui soutiennent le plus les énergies renouvelables, alors que moins de la moitié des Roumains (49%) et des Bulgares (45%) indiquent qu’elles constituent une priorité.

Les Slovaques (44%), les Luxembourgeois, les Maltais (40%), les Britanniques (39%) et les Autrichiens (38%) sont les plus sensibles à l’efficacité énergétique.

Un Européen sur cinq (18%) pense également que le nucléaire doit rester une priorité, tandis que cet avis est partagé par 26% des Français interrogés, 33% des Suédois et 44% des Tchèques. A l’opposé, seulement 4% des Autrichiens et des Chypriotes, et 8% des Allemands et des Grecs pensent que le nucléaire doit être un choix prioritaire.

Douze pour cent des Européens considèrent que développer le captage et le stockage de CO2 (CSC) est une priorité, 8% pensent qu’il faut poursuivre le développement des énergies fossiles. Enfin, 9% privilégient le développement des combustibles non conventionnels.

Gaz de schiste : les Européens sont vigilants

Mais à y regarder de plus près, les Européens sont divisés sur cette question. Alors que 32% des Polonais pensent que les gaz de schiste doivent constituer une priorité, ils ne sont que 3% à partager cette opinion en Suède, Finlande et Italie. Huit pour cent des Français pensent que c’est une option énergétique prioritaire.

Les trois quarts des personnes interrogées indiquent qu’elles se sentiraient concernées (40% seraient même très concernées) si un projet d’exploitation de gaz de schiste était envisagé dans leur voisinage. C’est en France (89%), en Allemagne (82%), en Irlande, au Luxembourg (81%) et en Autriche (80%) que les gens se disent le plus concernés. Plus de la moitié des Français (54%), des Autrichiens (52%), des Irlandais (51%), des Allemands et des Bulgares (50%) se disent même très concernés.

Au contraire, en Pologne, où le gaz de schiste remporte un tiers des suffrages, 49% des personnes interrogées ne se sentent pas concernés par le sujet, même si un projet était prévu à proximité de chez eux.

Plus de six Européens sur dix estiment que l’Union européenne doit adopter des approches harmonisées quant à l’extraction des gaz non conventionnels. Ils sont 77% aux Pays-Bas, 73% en Lituanie et 72% en Belgique, contre 33% en Autriche. Les Autrichiens en majorité (61%) et 44% des Français désapprouvent au contraire l’idée d’une harmonisation européenne sur ce dossier.

Les voitures de demain : électriques et hybrides

Quant au transport, plus de la moitié des Européens interrogés (56%) pense que les systèmes électriques sont les plus respectueux de l’environnement. Ils sont 71% à classer cette solution en première place, loin devant les motorisations hybrides essence (39%) et hybrides diesel (31%). Un tiers des Européens estime également que les agrocarburants sont bons pour l’environnement.

Les Français et les Néerlandais font exception en classant à la première place les systèmes hybrides essences (53%).

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