E. Renouvelables, Maghreb

Marché électrique maghrébin: Cap sur les énergies renouvelables

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Coup d’envoi, ce mardi à Rabat, de la sixième Conférence générale du Comité maghrébin de l’électricité (COMELEC). Prévu sur deux jours, cet événement réunit les principaux acteurs des 5 pays du Maghreb constituant le COMELEC : l’Office national de l’électricité (ONEE), la Société tunisienne de l’électricité et du gaz (STEG), la Société algérienne de l’électricité et du gaz (SONELGAZ), la Société mauritanienne d’électricité (SOMELEC) ainsi que The General Electricity Company of Libya. Cette édition se veut spéciale et a pour objectif d’accélérer la coopération maghrébine dans l’électricité, principalement les énergies renouvelables au regard des enjeux actuels dans les pays de la région ainsi que des évolutions que connaît le paysage énergétique mondial. La Conférence est ainsi placée sous le thème «L’intégration maghrébine, facteur d’accélération de la transition énergétique».

Selon le top management de l’ONEE, qui préside actuellement le COMELEC, la transition énergétique et l’introduction des énergies renouvelables dans les systèmes de production d’électricité n’est plus une question de choix pour le devenir du secteur énergétique des nations. «Partant de ce principe dicté par une conjoncture mondiale marquée par l’épuisement des ressources fossiles traditionnelles, dont l’utilisation massive dans l’industrie a conduit au réchauffement climatique avec les conséquences que nous connaissons, le COMELEC est appelé à relever des défis multiples et estime que la poursuite de l’intégration des systèmes électriques maghrébins sera un facteur d’accélération dans le succès de la transition énergétique, déjà en mouvement au sein de la région», déclare au «Matin éco», Ali Fassi Fihri, directeur général de l’ONEE, et président du COMELEC. Selon lui, le Maghreb dispose d’un potentiel de production d’électricité non négligeable constitué, notamment, d’un gisement important en énergies renouvelables (photovoltaïque et éolien, pour l’essentiel). Cet avantage lui confère une place de choix pour une transition vers un système énergétique régional plus sûr et durable.

De même, il est important pour toutes les entreprises électriques maghrébines d’agir à court et moyen termes sur les gisements d’économies d’énergies notamment dans l’industrie, le bâtiment et l’éclairage public. «Aussi, la poursuite du développement des interconnexions électriques inter-maghrébines, essentielles à l’intégration électrique régionale, est une condition indispensable à l’optimisation des systèmes électriques maghrébin et euro-maghrébin, dans une perspective d’asseoir un véritable marché régional de l’électricité», souligne Ali Fassi Fihri. Et de préciser que la transition énergétique déjà engagée à l’échelle régionale doit s’accompagner par une mise en place de dispositifs juridiques et réglementaires pour favoriser sa réussite. Tous ces sujets seront ainsi débattus lors de cet événement entre les membres du COMELEC avec la participation d’experts et de professionnels du secteur.

À noter que les réseaux marocain et algérien sont déjà interconnectés depuis 1988. Ils sont raccordés par deux lignes de 225 kV d’une capacité totale de 400 MW. Cette interconnexion a été renforcée en 2009 par la réalisation d’une troisième ligne portant ainsi la capacité de cette interconnexion à 1.200 MW. Un projet d’interconnexion avec la Mauritanie est à l’étude.

Source: Moncef Ben Hayoun, LE MATIN

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