E. Renouvelables

Le Maroc s’apprête à ouvrir un parc solaire géant

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Un parc solaire géant implanté à proximité de Ouarzazate, au Maroc, va commencer à produire de l’énergie à partir de décembre. Un projet « historique », selon la Banque mondiale, qui devrait coûter quelque neuf milliards d’euros.

Le désert marocain est sur le point de se transformer en poumon à énergie renouvelable. Le gigantesque projet de parc solaire Noor, à 10 km de Ouarzazate, va commencer à produire de l’électricité d’ici quelques semaines. « Le Maroc va entrer dans l’histoire », s’est félicitée la Banque mondiale dans un rapport d’étape publié samedi 20 novembre. L’organisation internationale, l’un des principaux financiers de ce projet, estime qu’il s’agit de l’un des projets de transition énergétique les plus ambitieux du monde.

Le Maroc installe depuis 2012 des panneaux solaires à perte de vue dans ce coin du désert pour couvrir une surface de 15 km², soit « l’équivalent de 35 terrains de foot », a précisé à la chaîne britannique BBC, Paddy Padmanathan, le responsable pour ce site de la société saoudienne ACWA Power, qui est le maître d’œuvre du chantier pour le compte de Rabat.

Bon élève de la COP21

En décembre, seule la phase I de ce projet, baptisée Noor 1 sera opérationnelle. À ce stade, le parc solaire couvrira 4,8 km² et produira 160 mégawatts (MW) d’énergie, ce qui lui permettra d’entrer directement dans le top 10 mondial des centrales solaires. Mais à terme, entre 2018 et 2020, Ouarzazate nourrit l’ambition de se hisser au premier rang solaire avec une production annuelle capable de fournir de l’électricité à 1,1 million de Marocains.

Ce projet « doit permettre au Maroc de réduire ses émissions de carbone de 760 000 tonnes par an », souligne la Banque mondiale dans son communiqué. Le parc solaire Noor représente la pierre angulaire du plan marocain qui prévoit de produire 42 % de son électricité grâce aux énergies renouvelables d’ici 2030 (contre 40 % pour la France à la même date).

Noor ne vise pas seulement à faire bonne figure sur la scène internationale à l’approche de la COP21. Le parc solaire à proximité d’Ouarzazate représente aussi un enjeu de taille pour l’indépendance énergétique du pays. Actuellement, le Maroc importe plus de 95 % de ses besoins en énergie, notamment depuis l’Espagne. Miser sur le soleil pourrait permettre de baisser sensiblement la facture.

Grâce à Noor, le Maroc pourrait même devenir exportateur d’énergie, souligne la Banque mondiale. Lorsque le parc solaire fonctionnera à plein régime, il devrait produire davantage d’énergie que le pays n’en consomme. « Il est évident que le Maroc devrait être capable d’exporter cette énergie vers l’Europe, et il le fera », affirme Paddy Padmanathan.

Le solaire pas encore rentable

Mais avant de devenir le roi soleil des énergies renouvelables, le Maroc doit franchir plusieurs obstacles. Le premier d’entre eux : tenir les délais. La première phase du parc de Noor devait, à l’origine être achevée pour début ou mi-2015. Il y a, donc, eu au moins six mois de retard, ce qui n’est pas sans conséquences pour la suite du chantier. Les travaux d’installation des autres champs de panneaux solaires (Noor 2 et Noor 3) n’ont donc pas encore débuté alors qu’ils étaient censés démarrer cette année.

Toute cette énergie doit aussi arriver à destination. Des investissements dans les infrastructures sont nécessaires, surtout si le Maroc veut exporter une partie de sa production vers l’Europe. « Il nous faudrait, avant tout, construire toutes les interconnexions qui permettraient de relier notre circuit électrique à l’Europe », souligne au quotidien britannique « The Guardian » Maha el-Kadiri, porte-parole de l’Agence marocaine de l’énergie solaire. Aucune estimation du coût potentiel de tels travaux n’a encore été formulée.

Enfin, le pari solaire n’est pas le plus rentable. Le projet Noor a coûté 9 milliards d’euros pour développer une énergie renouvelable réputée parmi les plus chères. Le soleil deviendra compétitif en 2017, si le prix de l’électricité produite à partir de source fossile (charbon, pétrole) continue d’augmenter à un rythme annuel de 3 % et que le coût de l’énergie photovoltaïque baisse à la même vitesse que ces dernières années, estime la « Deutsche Bank ». Fort de ce constat, le royaume a ouvert le plus grand parc éolien d’Afrique en décembre 2014, et investit également dans l’hydraulique.

Reste que, pour une question, d’image, le Maroc va tout faire pour avancer au plus vite sur tous les fronts énergétique. Au delà de la COP21, le royaume a en ligne de mire la COP22… qui se déroulera à Rabat.

 

 

Source: france24

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