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Efficacité énergétique : les preuves de son intérêt analysées par l’AIE

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L’efficacité énergétique est l’option la plus probante et la plus rentable pour réduire la consommation d’énergie et limiter les émissions de CO2 associées. L’AIE vient de publier un nouveau rapport qui le prouve.


Depuis les années 70, de nombreux pays mettent en place des normes nationales d’efficacité énergétique et d’étiquetage sur les équipements qui consomment de l’énergie. Aujourd’hui, 80 pays ont instauré de telles normes sur plus de 50 types d’appareils dans les secteurs commerciaux, industriels et résidentiels : ordinateurs, chaudières, machines à café… Ces programmes constituent le plus souvent la pierre angulaire des politiques énergétique et d’atténuation des émissions de gaz à effet de serre. Et pour cause ! Dans un nouveau rapport, l’Agence internationale de l’énergie (AIE) démontre tout l’intérêt de ces politiques et encourage clairement les pays à les mettre en place ou à les déployer.

Des programmes efficaces…

L’AIE a analysé les 100 programmes les plus anciens et les plus étendus encore en vigueur qui couvrent 20 pays et 25 produits. Elle en conclut qu’ils ont permis d’augmenter l’efficacité énergétique des produits beaucoup plus rapidement – trois fois plus – que ce que l’amélioration technologique aurait permis « naturellement ». L’AIE constate un taux moyen d’amélioration d’environ 3% à 4% par an.

Et le potentiel d’économies semble inépuisable, puisque l’AIE a constaté des améliorations ponctuelles de plus de 30% de l’efficacité de certains produits à l’arrivée d’une nouvelle norme, alors que le marché était déjà concerné par un programme d’efficacité énergétique. En matière d’économie d’énergie, l’AIE estime que le programme le plus mature et le plus étendu a permis d’économiser entre 10% et 25% d’énergie au niveau national.

Si l’AIE évoque le possible « effet rebond » lié au réinvestissement des économies d’énergie dans l’achat de services énergétiques supplémentaires, elle constate dans tous les cas « un gain net d’énergie« , et « une rentabilité globale« .

… et rentables

La question des surcoûts liés à la mise en place de ces normes n’est pas un problème selon l’AIE qui constate que « dans tous les programmes examinés, les avantages l’emportent sur les coûts supplémentaires dans un rapport d’au moins 3 à 1″. Autrement dit pour un euro de surcoût engendré par ces politiques, trois sont récupérés via des économies d’énergie. L’agence estime par conséquent que les politiques d’efficacité énergétique sont plus rentables que d’autres options et sont même la voie la moins coûteuse pour économiser l’énergie et réduire les émissions de CO2.

De plus, les appareils et matériels visés sont moins chers à l’achat. « Les normes peuvent avoir causé de petites variations de prix lors de leur mise en œuvre mais elles semblent avoir eu peu d’impact à long terme sur l’évolution des prix des appareils », remarque l’AIE. Aux Etats-Unis, les bilans effectués deux ans après l’entrée en vigueur de différents standards montrent que les projections d’augmentation des coûts étaient en moyenne surestimées d’un facteur 10.

La capacité des fabricants à innover et les économies liées au volume de vente ont limité la hausse des prix. « Les programmes d’efficacité énergétique ont eu beaucoup de succès dans la promotion de l’innovation, l’expansion des marchés existants et l’ouverture de nouvelles opportunités de marché. Cela a conduit à la création de 800.000 emplois directs dans l’UE et 340.000 aux Etats-Unis », détaille l’AIE qui constate une série d’autres avantages, comme l’amélioration de la qualité de l’air et la réduction des dépenses publiques en matière de santé.

Pour l’association Cool Products qui milite pour le déploiement des standards d’efficacité énergétique, ce rapport doit convaincre la France et l’Europe de renforcer leurs politiques en la matière : « En comparant avec l’équipe de la Commission européenne, les Etats-Unis y consacrent un budget 10 fois plus important, la Chine 10 fois plus de personnel ! », fait remarquer l’association.

 

 

Source: actu-environnement.com

 

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