E. Renouvelables, International

COP21 : les promesses… et ce qu’il reste à faire avant la conférence de Paris

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À six semaines de la conférence de Paris sur le climat, 195 pays entament, lundi à Bonn, une dernière semaine de négociations.


 

Une semaine décisive. Les délégations du monde entier reprennent lundi le chemin de Bonn pour une ultime séance de négociations avant la conférence sur le climat en décembre à Paris, les 195 pays étant encore loin d’un accord pour contenir la hausse inédite du thermomètre mondial. Les premières heures de cette ultime session au siège de la Convention de l’ONU sur les changements climatiques (Cnuccc), vont donner le ton. Le défi est sans précédent: entériner par consensus le principe d’une transition énergétique au niveau mondial pour se détourner des énergies fossiles. Ce qui suppose de bousculer de nombreux intérêts industriels et étatiques. Si vous n’avez pas suivi, voici ce qui s’est passé ces dernières semaines

• Les promesses

À six semaines de la conférence de Paris, 149 pays ont remis auprès de l’ONU leurs engagements de réduction des gaz à effet de serre à l’horizon 2025-2030, un nombre encourageant. Mais ces promesses restent insuffisantes pour contenir le réchauffement sous le seuil critique de +2°C.

Les Nations unies avaient fixé au 1er octobre l’annonce des objectifs nationaux des pays, afin de pouvoir les prendre en compte dans une évaluation de leur impact global attendue le 30 octobre. Plus de 140 des 195 pays membres de la Convention climat de l’Onu, représentant environ 80% des émissions de gaz à effet de serre actuellement, ont ainsi communiqué leurs objectifs climat. «D’autres le feront d’ici Paris», assurait Laurence Tubiana, ambassadrice chargée des négociations sur le changement climatique. Pour elle, ces contributions sont «un formidable signe d’adhésion au futur accord de Paris» car «il y a un an beaucoup de pays en voie de développement se demandaient s’ils allaient le faire».

De nombreux pays en développement ont fait état de leurs engagements, souvent conditionnés à la mise en place de mécanismes d’aide financière et technologique. Le Mexique a été le premier pays émergent à le faire et le Gabon, le premier pays africain. Sur l’ensemble des 149 plans, la copie de l’Ethiopie et celle du Maroc comptent parmi les rares qualifiées de «suffisantes» et «adaptées» par différentes ONG. Les derniers plans en date présentés à l’ONU sont ceux de l’Afghanistan et de l’Equateur, remis mardi. Manquent encore à l’appel la plupart des pays pétroliers: Arabie saoudite (seul membre du G20 absent), Iran (dans le top 10 des émetteurs), Oman, Qatar, Koweit, Nigeria, Venezuela.

• Le financement

C’est le point le plus épineux du futur accord. Pour aider les pays pauvres à lutter contre les bouleversements climatiques et à s’adapter aux conditions nouvelles, les pays riches doivent trouver 100 milliards de dollars annuels de financement. Jusqu’à présent, les pays riches ont récolté près de 62 milliards de dollars. Il y aurait notamment 43 milliards issus d’institutions publiques, 16 milliards d’acteurs privés et 1,6 milliard de crédits à l’export. Il reste donc 38 milliards de dollars à trouver pour permettre aux pays pauvres d’aborder «sereinement» la transition énergétique.

Le week-end dernier, la communauté internationale s’est réunie à Lima à ce propos. Cette dernière a augmenté ses engagements financiers pour lutter contre le réchauffement climatique et adopté un vaste plan d’action pour mettre au pas les multinationales fuyant l’impôt. Environ 15 milliards de dollars supplémentaires par an ont été promis par les banques de développement, selon le ministère français des Finances.

Ce nouvel effort a été notamment apporté par la Banque mondiale, la Banque africaine de développement et la Banque européenne de reconstruction et de développement, qui se sont engagées à augmenter la part de leurs investissements consacrés à des projets verts. En outre, les taxes sur les émissions de carbone et sur les transactions financières ont une nouvelle fois été évoquées comme étant des solutions de «financements innovants». Selon Laurent Fabius, ministre des Affaires étrangères et président de la COP21, l’objectif de 100 milliards par an d’ici à 2020 semble désormais être à portée de main même si des contributions du secteur privé seront décisives.

• L’accord

Les Etats participant aux pourparlers climatiques ont depuis le 5 octobre à disposition une version nettement raccourcie du texte de négociation du futur accord sur le climat. Ce document de 20 pages, contre plus de 80 précédemment, est «une base concise pour les négociations», a souligné début octobre le secrétariat de la Convention des Nations unies sur les changements climatiques. À la précédente session de négociations, fin août/début septembre à Bonn, les diplomates de l’ONU avaient chargé les deux coprésidents des débats de produire un nouveau texte, «cohérent» et «concis» pour la nouvelle session prévue du 19 au 23 octobre. Toutefois, cette version raccourcie suscite déjà des réserves et pourrait entraîner des demandes d’amendements, notamment du Groupe dit des 77 (133 pays en développement + Chine).

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