E. Renouvelables, International

Transition énergétique – Energie 100 % renouvelable, c’est possible ?

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Les nouvelles énergies renouvelables (éolien, photovoltaïque, etc….) font partie des moyens de réduire les émissions de CO2, d’autant plus qu’elles peuvent produire beaucoup d’énergie. Il est même frustrant, exaspérant, de ne pas pouvoir les exploiter davantage : elles ne produisaient qu’environ 1 % de l’énergie mondiale en 2014. Le gros problème, on le sait, est que ces énergies ne produisent que quand il leur plaît.

Les nouvelles énergies renouvelables peuvent beaucoup.
Mais seulement de temps en temps,
quand elles veulent bien travailler.

Des études sont menées, des rapports sont publiés, pour explorer comment il serait éventuellement possible d’exploiter davantage ces nouvelles énergies. Par exemple :

– Aux États-unis : Renewable Electricity Futures Study
– En France : ADEME  Vers un mix électrique 100% renouvelable en 2050.

Le rapport US vise un mix de 80 % d’EnR dans l’électricité US. 80% seulement, c’est le réalisme US. Les Français, eux, visent carrément les 100 %. C’est l’irréalisme de « Impossible n’est pas français ! »

Ces rapports ne s’étend pas sur la façon de produire l’énergie. Le problème n’est pas dans la production, il est de fournir cette énergie aux usagers lorsqu’ils en ont besoin. Même les nuits sans vent.

Les rapports proposent des solutions les mêmes types : il faut pouvoir stocker l’énergie électrique, et développer un réseau « intelligent ».

– Il faut évidement multiplier les éoliennes, sur chaque colline.
– Il faut nécessairement multiplier les interconnections entre les sites producteurs et consommateurs, pour espérer lisser, un peu, des productions variables d’un site à l’autre.
– Il faut pouvoir stocker l’énergie. Tous les moyens sont bons.
Les STEP évidemment (« Station de Transfert d’Énergie par Pompage »).
Mais aussi les voitures électriques, on va voir pourquoi et comment. Bienvenue en Acculand.
– Il faut un réseau « intelligent », tellement intelligent qu’il aurait pleins pouvoirs pour tout contrôler…

Il n’y a pas de vent ? Pas de panique, le réseau « intelligent » va gérer la situation : il bloquera la charge des batteries de votre voiture électrique si elles sont vides ; si elles sont déjà chargées, il puisera dans votre batterie pour secourir d’autres demandeurs prioritaires. Si vous n’avez pas de voiture électrique… vous ne jouez pas le jeu.
Le réseau « intelligent » pourra également bloquer votre machine à laver, et votre chauffage.

Le réseau intelligent, c’est Big Brother ; en pire.

Évidemment cette super machinerie « intelligente » nécessite le développement de nouveaux appareils électro-ménagers, pilotables par le réseau. Créer ces nouveaux appareils, ce n’est qu’un problème technique, c’est soluble.
Les acheter et les payer est un autre problème, plus compliqué.
Mais surtout, il faudra aussi changer les habitudes et les mentalités. C’est encore plus compliqué.

– Il faudra accepter de n’être plus le patron de SA propre machine à laver.
– Il faudra accepter des éoliennes dans sa backyard, car il faudra beaucoup d’éoliennes, partout. « Yes, in my backyard ! »
– Il faudra accepter les steps, qui nécessitent la construction de multiples barrages. La triste histoire du barrage de Sivens augure mal de cette acceptation.
– Il faudra accepter des lignes électriques, partout, pour raccorder les éoliennes éparses. Les interminables contestations des écologistes contre la liaison électrique France-Espagne augurent mal de cette acceptation .
– Etc.

L’électricité très renouvelable est un défi redoutable pour les écologistes :

– Les écologistes n’aiment pas que les choses changent (barrages, lignes électriques, pylône d’éoliennes, TAV, fermes de mille bestiaux, etc.).
– L’électricité très renouvelable nécessite des changements considérables (barrages, lignes électriques, pylône d’éoliennes, réseau Big Brother …).
– Les écologistes pourront-ils supporter les énergies très renouvelables ?

Les études citées ne s’appesantissent pas longuement, en fait pas du tout, sur les cas où stockage et réseau intelligents ne suffiraient pas. Des psychologues, ou mieux des humoristes, pourraient compléter ces études, en ajoutant un chapitre sur ces longues soirées sans télévision… Alors, heureuse ?

Au delà des boutades, je précise ma position : Il faut développer les énergies renouvelables, particulièrement l’énergie hydroélectrique lorsque c’est possible.
Mais c’est une illusion de croire qu’elle pourront remplacer les énergies fossiles avant que la planète brûle.

 

 

Source: blogs.mediapart.fr

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