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5 choses à savoir sur l’énergie solaire

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La France mise notamment sur le solaire pour accroître la part des énergies renouvelables dans son mix énergétique. Mais les technologies, variées, ne sont pas toutes matures ou adaptées au pays. La Tribune de l’Energie vous donne cinq informations à connaitre sur le développement de l’énergie solaire en France.

1/Trois technologies pour la capter

Aujourd’hui, trois technologies sont au point pour transformer en électricité l’énergie issue du soleil. La plus connue est l’effet photovoltaïque. Découvert au XIXe siècle par le physicien français Antoine Becquerel. Syndicat des énergies renouvelables (SER).

« Il désigne les propriétés de certains matériaux, les semi-conducteurs, consistant à générer un courant électrique lorsqu’ils sont exposés à la lumière du soleil »

Aujourd’hui, le rendement moyen des panneaux photovoltaïques composés de silicium est de 14.5%. On trouve également le solaire thermique qui consiste à produire de la chaleur à partir des rayons du soleil. On distingue deux usages principaux : pour l’eau chaude sanitaire et pour le chauffage. Enfin, la technologie du solaire thermodynamique consiste à concentrer le rayonnement solaire pour chauffer un fluide à haute température et produire ainsi de l’électricité. Elle semble moins pertinente en France que dans les pays du sud car elle nécessite un bon ensoleillement toute l’année.

2/En France : le verre à moitié plein

La puissance des installations photovoltaïques raccordées au 31 décembre 2014 s’élevait à 5.292 mégawattheures, les régions Aquitaine et PACA étant les plus équipées. Le pays est ainsi très en avance sur son objectif pour 2020, fixé à 5.400 mégawattheures de solaire photovoltaïque.

Le solaire thermique, lui, est encore très marginal dans la production d’énergies renouvelables en France. Avec 38 kilotonnes équivalent pétrole (ktep) en 2005 et 144 ktep en 2013, sa progression masque un immense retard sur l’objectif 2020 de la France, fixé à 927 ktep par an. La filière manque encore de compétitivité, même si, selon le syndicat Enerplan, elle devrait parvenir à réduire les coûts, pour une énergie moins cher que le gaz collectif, d’ici 2020. La France possède également le cinquième gisement solaire européen.

3/Une filière encore fragile

La puissance des installations photovoltaïques françaises masque les aléas auxquels a dû faire face la filière solaire depuis 2011, après une baisse importante des tarifs d’achat de l’électricité solaire et un moratoire sur les appels d’offre de l’Etat. Ainsi, selon l’Ademe, la filière a perdu environ 18.000 emplois entre 2011 et fin 2013. Elle comptait en 2014 12.270 emplois, dont 10.250 dans les équipements et l’installation et 2.020 dans l’exploitation des sites.

L’année 2014 et le début de l’année 2015 ont toutefois été marqués par une reprise du marché et de nouveaux appels d’offres de l’Etat. L’un des derniers en date concerne des installations solaires photovoltaïques d’une puissance de 100 à 250 kW* pour un total de 120 MW. Une avancée jugée insuffisante par le SER. Le président de sa branche solaire, Arnaud Mine.

« La nécessité du lancement, en 2015, d’un appel d’offres grande puissance (supérieure à 250 kW), s’inscrivant dans une programmation pluriannuelle d’appels d’offres de grande ampleur, condition essentielle pour que notre pays puisse exporter son savoir-faire et son industrie et prendre part au développement mondial de la filière photovoltaïque qui a atteint plus de 45.000 MW installés pour la seule année 2014 ».

4/Des aides de l’Etat

Le soutien aux énergies renouvelables sous la forme d’une obligation d’achat par les fournisseurs d’électricité à un tarif réglementé existe depuis 2000 en France. Le projet de loi pour une croissance verte prévoit quant à lui, pour les grandes installations, de remplacer ce système par un « complément de rémunération ». Le but étant d’accroître la compétitivité du solaire en plaçant les producteurs sur le marché de l’énergie au même niveau que les producteurs d’énergie conventionnelle.

Le tarif d’achat sera en revanche, pour l’heure, maintenu pour les plus petites installations, individuelles notamment, en attendant un cadre législatif permettant aux propriétaires de consommer directement l’électricité qu’ils produisent et non de la revendre en intégralité. Aujourd’hui, après avoir baissé régulièrement depuis 2011, les tarifs d’achats sont compris entre 6,62c€/kWh et 26,57c€/kWh, suivant la puissance des installations et le fait qu’elles soient ou non intégrées au bâti. Ces montants sont réévalués chaque trimestre.

5/ Quel potentiel demain ?

L’Ademe a estimé dans un scénario élaboré en 2013 que la capacité photovoltaïque française pourrait s’élever à 33 GW en 2030 (six fois plus qu’aujourd’hui) et même 60 GW d’ici 2050. Mais pour parvenir à de telles puissances solaires installées, il faudrait tenir un rythme annuel de plus de 1.000 mégawattheures supplémentaires. En 2014, on y était presque. Et pour plus de solaire, il faudra davantage faire entrer les technologies en milieu urbain, dès la conception des bâtiments notamment. De quoi favoriser la nouvelle réglementation thermique et généraliser certainement les bâtiments à énergie positive.

Selon le même scénario de l’Ademe, le solaire thermique ne représenterait, lui, que 3% du bilan énergétique total (21,6 Mtep) dans le résidentiel et 4% dans le tertiaire (12,5 Mtep) à l’horizon 2050.

* Il existe plusieurs puissances selon que les installations sont intégrées au bâti (toiture d’une maison par exemple) ou placées au sol (parcs solaires à part entière) : 3Kw et moins, 3 à 9Kw, 9 à 36Kw, 36 à 100Kw, 100kw à 250Kw, et 250Kw et plus.

 

 

Source: www.latribune.fr

 

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